sous les kilos la femme
 



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LE POIDS... AUTRE POINT DE VUE

J'ai toujours ressenti beaucoup de colère à chaque fois que je lisais où entendait des articles, infos, nouvelles sur les méfaits du tabac et la soi-disant prévention.

Nous ne leurrons pas. Si du jour au lendemain, nous nous levions, vous vous leviez comme un seul homme (je ne fume plus depuis des années) et arrêtiez de cloper (j'imagine), l'état derait bien emmerdé par ce manque à gagner. Alors l'état continue à distiller son double message. D'un côté il culpabilise les fumeurs (vous coûtez de l'argent à la société et de l'autre il met tout en œuvre pour préserver le commerce du tabac et encourager sa consommation. C'est pas sympa ça ?

Mais l'état est gentil, il vous incite (de plus en plus fermement) à prendre soin de votre santé (mais trop quand même).

Même mécanisme pour la bouffe. Prévention/incitation, culpabilisation/encouragement. Vous ne me croyez pas ? Lisez la note de Pascale, vous verrez que ça n'a rien de farfelu.

Alors, ça ouvre de drôles de perspectives ou pas ?

Déclinable dans tous les domaines.

13.10.06 12:57


FERMER LA PARENT(HESE)

Trente kilos à perdre ou à garder, là n'est pas la question.

Habitudes à prendre ou à garder. Je sens que j'arrive à la fin d'un cycle et que ma crise d'adolescence alimentaire est en train de prendre fin (l'ai-je déjà annoncé un jour ?!? peut-être mais cette fois, c'est la bonne).

En discutant d'un tout autre sujet, le parallèle m'a sauté aux yeux.

Comme un enfant se gave de télé, de bonbons, ou l'ado de clopes etc quand il arrive à déjouer la vigilance de ceux qui lui veulent et du bien et qui lui font tout le contraire en l'empêchant d'agir à sa guise ce qui lui aurait permis de découvrir ses propres goûts, limites, forces et faiblesses, trouver ses propres moyens pour s'autoréguler, avoir suffisamment d'estime et de confiance en lui-même pour prendre soin de lui mieux que n'importe qui... comme un enfant ou une ado qui aurait grandi dans la liberté et le respect de sa personne donc, je glisse dans l'âge adulte.

J'ai fait le tour de la question alimentaire. Junk-food, excès, anarchie, n'importe-quoi jusqu'au je-me-ruine-la-santé-et-je-m'en-fous-parce-que-je-suis-seule-maître-à-bord (peu importe où je vais puisque j'y vais), esprit de contradiction, envie d'être aimée pour ce que je suis et non pour ce que je parais (j'oublie sûrement des choses mais on ne va pas y passer la nuit).

Je vais me lever un prochain matin (tout proche) en annonçant que je prendrai soin de moi désormais. Ce sera aussi banal que de dire que je vais faire une course. Il n'y aura pas de solennité là-dedans parce que les choses pour lesquelles on est prêt se font sans qu'on y prenne garde, sans qu'elles marquent une frontière nette entre l'avant et l'après. Histoire de continuité.

*****

Le titre me semble être un bon résumé de mon travail personnel.

8.10.06 15:37


LA NOURRITURE COMME LANGAGE

Chaque fois que je mange sans faim, je "lui" donne raison.

Chaque bouchée qui m'empêche de parler m'éloigne de moi, chaque bouchée superflue me ruine la santé, chaque bouchée est une punition non méritée, chaque bouchée fait croire à mon cerveau que je suis une personne sans volonté quand c'est tout le contraire. Chaque bouchée me précipite dans l'oubli. L'oubli de sa maladresse, de sa névrose, l'oubli de moi, de mes qualités, de ma légitimité, de ma non culpabilité. Chaque bouchée non désirée est un rappel permanent à son non désir à elle de m'accepter.

Manger pour (bien) vivre, pour le plaisr et plus pour me détruire. 

25.5.06 11:16


MORDRE DANS LE VIDE

Finalement, peut-être que dévorer la nourriture est un pis-aller pour celles et ceux qui voudraient dévorer la vie à pleines dents sans y parvenir.
13.5.06 13:58


DES NOUVELLES DU FRONT

Je ne m'occupe plus de mon poids mais de la personne que je suis.
Qu'est-ce que j'ai pu dire, faire, lire, comprendre, surmonter pour que les comportement qui semblaient gravés dans le marbre changent à ce point ?!?
Je ne fais pas attention à ce que je mange mais je ne m'empiffre plus, mon poids est stable et je me suis même surprise à jeter, sans état d'âme, de la nourriture à la poubelle plutôt que de la terminer. Une chose impensable il y a quelques temps.
Les kilos sont toujours là mais la balance a cessé de s'affoler.
De là à dire que je redeviendrai "celle que j'étais" il y a sûrement un abîme.
Accepter ce que la vie me propose, avec le sourire. Après tout, je n'osais même plus imaginer que j'allais relever la tête. C'est déjà une libération de ne plus être sous l'emprise de la bouffe.
18.4.06 00:51


"DÉS-ILLUSIONS"

Longtemps j'ai pensé que cette tristesse visqueuse était le fait des événements extérieurs. Petite fille j'attendais de quitter le nid familial, jeune fille, j'attendais "le compagnon de route," jeune femme, j'attendais les enfants, femme j'ai deviné que je n'allais pas tarder à cesser d'attendre. Pour l'essentiel, la vie m'a donné presque tout ce que j'espérais mais jamais les larmes n'ont autant coulé que lorsque j'ai pressenti que la situation était plus préoccupante que ce que j'avais imaginé jusqu'alors. Je viens d'en avoir la confirmation : je suis une dépressive chronique. C'est une maladie. Ca change un peu la donne dans le sens où ça me remet un peu moins en cause en tant que personne parce c'est quelque chose dont je n'ai pas la maîtrise. Maintenant que le diagnostique est posé, je sais que je devrai, passé l'instant d'hébétude, vivre avec, composer autour, cesser de lutter contre, en tirer partie si c'est possible. Dans la vie tout est soumis à un fort mouvement de balancier qui, avec le temps meurt en un doux bercement. Il ne me reste plus qu'à faire de ma fêlure une force et à me réjouir de ne plus jamais avoir à faire semblant ni à espérer en vain être autre chose que ce je suis, à cacher que je ne vais pas formidablement bien mais que je m'accroche du mieux que je peux... ni à mes propres yeux, ni à ceux des autres.

10.2.06 00:38


OUVRIR GRAND LES YEUX ET LES OREILLES


J'étais une enfant psychiquement maltraitée et abandonnée.
La vérité énooorme... comme moi ou plutôt moi comme elle.
Dire les choses et s'entendre les dire, histoire de pas faire semblant de comprendre.

22.12.05 00:14


LE COMMENT PLUTÔT QUE LE POURQUOI



Me voilà à la croisée des chemins.

La vérité me pète à la gueule et c'est maintenant que le vrai travail commence.

En thérapie, on peut tourner autour du pot pendant des années jusqu'au jour où l'événement déclenchant met le feu aux poudres.

Les fioritures du quotidien ne sont pas la vie. La vie, c'est la résolution des problèmes.

Je ne me pose plus la question de ce que je vais faire de ma vie. À présent, le matin au réveil, je dis demande plutôt :

- que me propose la vie aujourd'hui ?

Et chaque jour qui passe est un nouveau défi.

Le seul choix possible consiste à le relever ou à ne pas.

Je peux bien m'empifrer jusqu'à la douleur et la maladie, je peux bien
pleurer toutes les larmes de mon corps pourvu que je relève le défi.

Peu importe l'endroit où je vais et le temps que ça prend parce que
tout ce qui compte c'est comment j'y vais. C'est à ça que je
travaillerai désormais. Les kilos, la maladie éventuelle, la tristesse,
les larmes, la colère, le désespoir ne sont rien que des cailloux dans
ma chaussure. J'avancerai à genoux s'il le faut mais je continuerai ma
route quoi qu'il arrive pas seulement parce que d'autres vies dépendent
de moi mais aussi parce que je l'ai décidé.

Je me libère en affrontant la vérité nue et crue et ça ne se fait pas sans douleur.

30.11.05 10:29


METTRE UN NOM SUR CE QUI NE VA PAS



Le mot a été lâché pendant la consultation de ce matin.

Il m'aura fallu presque trente ans pour que ça monte à la conscience,
pour que je puisse regarder les choses en face sans chercher d'excuse à
ce qui n'est pas excusable, pour qu'enfin je cesse de m'épuiser à
repousser ce qui porte un nom que je ne souhaite pas écrire ici parce
que c'est encore difficile et que je n'ai pas envie d'en parler d'une
manière trop directe.

Des années durant, j'ai contenu les larmes, la peur, la colère,
l'incompréhension, le sentiment d'injustice, la honte, la culpabilité.
Ca fait beaucoup pour une seule et même personne.

Mon histoire a enfin été entendue, ma souffrance reconnue.

Je vais pouvoir passer à autre chose.

Ca ne viendra pas d'un coup mais je ne suis pas pressée.

Lorsque j'ai franchi le seuil de l'hôpital, je suis allée m'appuyer
contre un mur, le temps de retrouver mon calme. Quand j'ai repris ma
route, il m'a semblé retrouver une certaine légèreté.

Je ne suis plus remplie de nourriture mais d'espoir...

Non loin de la maison, j'ai attrapé au vol une ligne d'un bouquin sur
l'anorexie et la boulimie sur les étagères d'une librairie : "la faim
du père..."

Ce père, le mien, absent de tous les entretiens.

23.11.05 22:07


27.10.05 23:30


L'OBÈSE COMME CACHE-MISÈRE



La répression qui s'abat sur les obèses, sous la forme tantôt
lénifiante de la pitié, tantôt scientifique de l'intérêt médical,
tantôt cruelle de la stigmatisation, a surtout pour mission de nous
cacher à nous-mêmes que nous sommes de bien pires obèses qu'eux. (...)
Leur estomac, leurs intestins sont saturés ; ce sont tous nos
réservoirs, corporels et mentaux, qui sont remplis à ras bord. Ils sont
pleins de commisération, nous nous susurrons suavement à nous-mêmes :
«Comme je jouis de ne pas être comme eux.» Ils nous répugnent ; mais
cet écoeurement est une nausée secrète de soi. Qu'on les cache ! Qu'on
les soigne ! Qu'on les punisse, à la fin ! Qu'ils cessent de nous montrer notre vrai visage !

15.10.05 21:57


ESTAMPILLÉE



Je suis infiniment triste, je suis en colère, je me sens totalement
impuissante, j'ai le sentiment que je ne vivrai pas au-delà de quarante
ans, je suis fatiguée de pleurer, d'être ce que je suis.

- qui aimeriez-vous être ? quelqu'un d'autre ?

- non, je voudrais juste être moi mais je voudrais que ce soit moins
douloureux, je voudrais ne plus pleurer, je voudrais ne plus être en
proie à ces émotions intenses qui me brisent et m'épuisent, je voudrais
comprendre pourquoi je ne peux pas faire des études comme je le
voudrais, pourquoi je m'empêche de réussir, je voudrais savoir quoi
faire de cette insondable tristesse, de cette colère immense que je ne
veux pas retourner contre moi. Que faire de tout ça quand on a mille
fois essayé de dire les choses aux personnes concernées, qu'elles ne
sont pas entendues ? que reste-t-il comme possibilité ? mourir ? je ne
peux pas continuer à vivre aussi mal. Ma volonté n'est pas inépuisable.
Si je suis encore vivante aujourd'hui, c'est que jusqu'à présent, je me
suis battue contre ce mal de vivre dont je ne parviens pas à sortir.
Mais est-ce que seulement on en sort un jour ?

Je ne sais rien faire, rien de mieux que pleurer. J'excelle dans l'art
des pleurs seulement je suis fatiguée et je veux plus me brûler les
yeux, m'exploser la poitrine et me vriller la tête dans ses crises
insupportables.

Cette vie est une mascarade, le cirque est dans la rue.

- ça va ?

- oui ça va (pendant que dedans on hurle que non, ça ne va pas... ni
moi, ni toi ni personne ne va). On fait semblant, on est pitoyable.

Je voudrais oublier les gens que j'ai vu mourir, ceux que j'ai lavés
après leur dernier souffle, ceux que j'ai descendus à la morgue, je
voudrais oublier que comme vous je mourrai un de ces quatre, je
voudrais oublier la peur, la peine, l'amour qui ne vient pas, celui que
je donne mal, je voudrais ne me rendre compte de rien, Je voudrais...
je ne sais pas ce que je voudrais à part ne plus avoir mal et ne plus
goûter au sel de mes yeux.

Est-ce qu'il y a quelqu'un "là-haut ?" quelqu'un qui me tendrait une
main, qui m'éclairerait, qui m'aiderait à continuer vaillamment.
J'aimerais, mais mon bras se tend dans le vide, j'avance dans le noir
complet, la peur grignote tout.

Est-ce que c'est ça la vie ?

Ils peuvent aller se faire voir avec leur cachets.

Comme je le lui ai dit : à quoi bon m'hospitaliser ? ici ou là-bas, j'aurai toujours aussi peur.

La lucidité, c'est mon poison.... sans antidote.

À présent, je regarde mes enfants droit dans les yeux en me demandant
si je dois m'excuser en silence de les avoir fait naître, si je dois
jouer la comédie, si je dois sortir de leur vie, si... si quoi ?
Qu'est-ce que je vais faire ?

Je veux bien continuer à me lever tous les matins pourvu que je n'aie plus les boyaux qui se tordent.

J'écris, comme ça vient et ce faisant, je réalise à quel point ça ne va pas.

Avant ce matin, je pensais que mes difficultés venaient de mes défauts,
de mes mauvais choix, de choses dont j'étais responsable. Ce soir, je
me dis : je suis malade ! Est-ce que ça m'ôte toute responsabilité ? je
ne sais pas, comment pourrais-je le savoir ?

Les kilos, c'est une vaste plaisanterie. Ils sont là mais ils ne
cachent plus rien. Ils annoncent la couleur à ma place. Les gens ne
voient pas plus qu'ils n'entendent.

Elle est jolie, dommage qu'elle soit grosse.

Ah ah ah que c'est drôle. Bande d'ânes. Enlevez la merde que vous avez
dans les yeux, ouvrez vos esgourdes ! Le désarroi est partout. Dans la
rue, sur les blogs, sur le siège d'à côté, derrière votre mur, en face
de vous. Il est dans l'air que vous respirez. C'est peut-être pour ça
que l'on inspire en à peine suffisamment pour gonfler nos
poitrines.  L'air est toxique.

Alors, je suis dépressive. Bon, d'accord et après ? C'est la faute à
pas de chance, ça vient de mon éducation, de mes gènes, du temps qui
passe, c'est quoi ? qu'est-ce qu'en fais de tout ça ?

Je me mets ma dépression sous le bras et je continue comme si de rien n'était ?

Qu'est-ce que je fais... hein ? Oh.... silence. Silence de mort...
personne ne sait, tout le monde se tait. Tout le monde fuit... la
tristesse, ça se chope en un rien de temps, ça s'infiltre, ça vous
prend jusqu'aux tripes. Vous vous tordez comme un ver, vous vous voyez
faire, vous vous entendez pleurer, vous vous donner des claques, des
vraies, et vous le faites mieux qu'"elle," vous vous sentez de trop
toujours, en tous lieux, en toutes circonstances, vous vous excusez de
vivre, de penser à mourir, d'être là, de ne pas être là. C'est un
cauchemar qui n'a pas de fin.

Tout ce que j'espère, c'est que sur l'autre rive, tout s'apaise.

Je suis têtue, je suis loyale alors, je continuerai, je ne fuirai pas,
quoi qu'il m'en coûte. Pour eux, pour moi, pour je ne sais qui, pour
n'offenser personne, pour ne pas cracher sur la vie. J'aime la vie mais
je ne sais pas vivre.

Je sais, j'ai dit... j'ai dit des tas de choses positives, j'ai dit...
j'ai dit, oui, je l'ai fait en y croyant mais toute la sincérité du
monde ne suffit pas à effacer le mal de vivre.

J'ai pensé écrire à un cousin qui est en dépression, je ne le ferai pas.

Est-ce que la dépression, c'est comme l'alcoolisme ? est-ce qu'on en guérit ??

Je ne veux plus m'accrocher à un faux espoir, je préfère que l'on me
dise, madame machin, vous boiterez toute votre vie. Vous chialerez
jusqu'au dernier jour, tenez-vous le pour dit. Au moins, j'en prendrais
acte, comme j'ai noté une bonne fois pour toute que j'ai un nez, des
jambes. C'est fait, c'est là, je n'y pense plus. Ca fait partie de moi,
point.

Je vous ennuie hein peut-être même que je fais de la peine à ceux qui
me connaissent un peu. Non, je ne vais pas vous dire que je suis
désolée. Je me débats, je ne vais pas non plus m'excuser.

Vous lisez, libre à vous mais ne venez pas pleurnicher. Je suis
incapable de prendre quiconque en charge. C'est méchant ça non ?
possible. Tant pis.

Il est temps que je pense à ma pomme.

Oui, oui, je peux mourir demain, il faut saisir chaque instant qui
passe comme un cadeau etc. Je n'ai pas oublié, je ne renie pas,
seulement, aujourd'hui, non ! Je n'en suis pas capable et je crains que
ça ne dure quelques temps encore.

Portez-vous bien, restez dans l'illusion parce que ne plus y être est
vertigineux, ne me plaignez pas, ne m'encouragez pas, ne dites rien ou
alors, parlez-moi de vous.

29.9.05 00:26


CIRCONSCRIT



Je suis en dépression... en dépression chronique.

Il aura fallu toutes ces années pour qu'enfin, on me le dise et que je le réalise.

Pourtant, je continue ma route même en hurlant de douleur, de colère,
même en ayant un sentiment d'impuissance qui m'entrave dans tout ce que
je veux faire.

Pour le moment, je ne me sens bien ni vivante, ni morte.

Je me trouve face à un mur. En principe, un mur, ça se contourne mais
pour l'instant, j'ai trop le nez dessus pour entrevoir une quelconque
possibilité d'y voir autre chose qu'une muraille.

Peut-être que ces deux mots "dépression chronique" aurait pu m'anéantir
mais en réalité, j'ai l'impression d'avoir circonscrit tous ces
sentiments qui s'entrechoquent et m'entraîne vers un fond que je me
suis toujours refusé à toucher.

Je me fiche d'avoir beaucoup pleuré aujourd'hui, d'être épuisée parce
qu'au moins, je dresse un véritable état des lieux, je sais à présent
où je vais.

J'ai vu de nombreux psy quelque chose avant de trouver le bon.

La paix... c'est la signification de son nom et les premières émotions passées, c'est ce que je ressens après chaque séance.



Je ne veux pas/plus de médicaments et je n'envisage pas l'hospitalisation...

Les kilos, il n'en est pas vraiment question en ce moment parce que le reste est tellement plus urgent.



28.9.05 10:52




Je n'aurais jamais pensé que ce blog pourrait m'amener à éclairer un
point de mon histoire sur lequel je ne me serais jamais attardée
autrement.

La journée a mal débutée. Couchée trop tard, réveillée au beau milieu
d'un rêve douloureux. Réveil d'un bond, sans prendre le temps
d'émerger, de sortir de mon rêve et de m'en remémorer les points
cruciaux. Je n'en conserve qu'un malaise et une envie de pleurer que je
n'ai pas le temps de laisser monter.

Je me prépare en vitesse et sous la douche, je pense à ce que pourrai
dire quand j'y serai. Pensant à ce que j'avais écrit précédemment,
j'essaye de m'en rappeler. Impossible. J'allume l'ordinateur, j'ouvre
mon blog, je fouille dans mes notes et je retrouve les mots que je
cherchais en vain dans ma mémoire : "J'aurais pu demander de l'aide... "

J'aurais pu demander de l'aide et je ne l'ai pas fait.

Elle me reçoit, me demande comment s'est passée la semaine. Plutôt bien
excepté ces sanglots que je ne vais pas pouvoir réprimer plus
longtemps.

Je raconte mon rêve (une histoire abracadabrante de cercle blanc, une
sorte de boîte. Je soulève le couvercle qui laisse apparaître un côté
une espèce de crème blanche et de l'autre une portion de spaghetti avec
de la sauce tomate dessus. L'un représente le masculin et l'autre le
féminin. Impossible de me souvenir de ce qui précédait cette partie du
rêve) puis je fonds en larmes que j'essaye désespérément de contenir
(si les laisse trop aller, je sortirai de là épuisée et anéantie pour
le reste de la journée voir plus).

Ma mère, il est question de ma mère, de sa "folie," de ses difficultés,
des projections qu'elle fai(sai)t sur moi, de mon comportement qui,
d'une certaine manière, accréditait ses attentes délirantes sans pour
autant pouvoir les satisfaire, de ma difficulté à "faire confiance."

La route sera longue. Je fais le deuil de cet amour mal fichu et ça
fait très mal. Jusqu'ici, je vivais dans l'idée que j'étais fautive et
que par conséquent, il me suffirait de me corriger pour que les choses
rentrent dans l'ordre. En réalité, ce que je porte ne m'appartient pas
et je dois à présent accepter l'idée que tout vient de sa souffrance à
elle. Elle souffre, m'a fait et me fait encore souffrir et je dois
assumer le fait que je l'abandonne en ne lui donnant plus signe de vie.
Elle aurait eu besoin (a encore) besoin de faire un travail sur sa
propre vie. Au lieu de ça, elle m'a "refilé le bébé" alors que j'en
étais encore un moi-même.

Tout le monde souffre dans cette histoire mais moi, je veux sauver ma
peau et tout faire pour que tout ça interfère le moins possible sur mes
enfants.

Il m'est très difficile de vivre sous le regard le fantôme de ma mère. Tout ça me prend tout mon espace psychique.

De cette séance, je tire la conclusion douloureuse et sans appel : ma
souffrance est récurrente en dépit de tout ce que j'ai entrepris pour
m'en débarrasser et je la trimballerai jusqu'à la fin. L'enjeu de la
thérapie consiste à trouver comment faire pour que mes émotions de
petite fille n'interfèrent pas trop dans ma vie d'adulte. Pour ce
faire, j'ai besoin de me faire confiance et de faire confiance à ma
thérapeute. Ca fait beaucoup de choses à régler. Pourtant, je n'ai pas
encore ouvert tous les tiroirs...

21.9.05 23:30


ÉTRANGE



Le kilo repris est reperdu.

Je n'y suis pour rien mais je ne vais pas m'en plaindre, bien au contraire.

Mon rythme de vie a changé, ça y est peut-être pour quelque chose, allez savoir.

Moralité : sept kilos en moins.





20.9.05 07:38


LU AILLEURS



Hier n'existe plus... ah si, il existe bel et bien sinon, de quoi est-on fait ?

Ce que je suis aujourd'hui est bien la conséquence de ce que j'ai fait et de ce que j'étais hier non ?

Non ? ah... bon, je me trompe encore.



18.9.05 15:21


EN AVOIR "PLEIN LE DOS"



Les douleurs lombaires ont débuté dans l'enfance. J'étais une petite
fille fluette qui n'aimait pas manger au point que le médecin de
l'époque m'avait prescrit des injections de "je ne sais plus quoi"
destinées à me faire retrouver l'appétit.

Déjà à l'époque, on soignait le symptôme et non la cause. S'il m'avait
regardé deux minutes, il aurait sûrement remarqué quelle petite fille
souriante et joviale j'étais... regard triste et mine abattue... non,
ça ne l'a pas mis sur la voie. J'ai donc dû présenter mon postérieur
pendant quelques semaines à l'infirmière qui venait m'administrer ce
traitement douloureux.

Je n'irai pas plus avant sauf pour dire combien ma mère s'est acharnée
à me terroriser et à me menacer pour que j'avale cette nourriture qui
me débectait tant.

En petite fille docile, j'ai avalé sans chercher à comprendre, en
oubliant que j'étais là, installée à ma table de torture (oui, le terme
un peu fort, mais pas tant que ça), faisant tout mon possible pour ne
pas m'attirer les foudres maternelles.

J'ai appris à avaler... a-va-ler...

La leçon a été dure mais elle a été bien apprise et même mieux que bien apprise.

J'avale, que mon estomac soit plein ou pas, j'avale. Je ne sais plus
faire autrement et je le fais sans penser. Je m'évade, dieu seul sait
où, mais je ne suis pas à ce que je fais. Mon corps s'autodétruit tout
seul, en mode automatique.

Sous la terreur j'ai appris l'endurance, l'application jusqu'à la connerie.

Je suis devenue une personne appliquée. Je me suis appliquée à "outre-manger," à grossir, sans faiblir.

Tous les jours, je paye le prix de mon dressage, de ma connerie aussi.

Tout ça pour dire que je ne sais pas me ménager, prendre soin de moi.



Hier, je portais "mes" trente kilos  de trop auxquels j'ai rajouté le poids des courses.

Je suis costaud(e), je n'ai pas peur de porter mais hier, j'ai présumé
de mes forces. Mon dos m'a rappelée à l'ordre et j'ai bien que je ne
parviendrai pas à rentrer chez moi. À chaque pas, je sentais les
prémisses du lumbago et je me demandais comment je me dépatouillerai
pour arriver jusqu'à la maison.

J'aurais pu demander de l'aide mais non, je suis conne jusqu'à la moelle.

J'ai appris à manger et à ne jamais demander de l'aide, à me
débrouiller quoi qu'il arrive (surtout s'il s'agit d'une faiblesse
physique... un point auquel je n'avais jamais pensé).

S'il avait fallu, j'aurais crevé de douleur plutôt que de rendre les armes.

Ce que je prends pour de la connerie est, paraît-il, une défense, un
moyen de survie. On occulte les choses que l'on est incapable
d'affronter, jusqu'à ce que l'environnement ou le travail sur soi
rendent l'acceptation possible.

J'ai eu le temps de réfléchir à tout ça dans les couloirs du métro parcouru à petits pas précautioneux.

Ce corps hurle (le mien) et moi, je suis incapable (pour le moment) de l'écouter avec bienveillance.

J'entends mais je n'écoute pas... pas encore.



Je ne suis pas conne mais entre le savoir et le ressentir...



18.9.05 15:17


LA VÉRITÉ EST... AILLEURS (MAIS Où)



Ne vous fiez pas aux apparences et encore moins aux dires de qui que ce soit, ne croyez pas que la voisine qui affiche un visage radieux
baigne dans la félicité, ne croyez rien d'autre que ce que vous êtes
allé chercher par vous-même. Et même ainsi, vous ne serez même pas sûr
d'avoir une idée fiable de la réalité.



11.9.05 15:28


PAS CETTE FOIS



Je suis rentrée, bouleversée.

Maux de ventre, envie de pleurer. Crise d'angoisse (c'est pénible à la longue).

Pour une fois (plusieurs parce que mine de rien, la progression est
constante malgré les accrocs), je ne mangerai rien. Un café, suffira à
me réconforter. Je voudrais passer une journée solitaire. Ce ne sera
pas possible. Je voudrais tout et son contraire dans la même vie. Ce
n'est pas possible ou alors, je n'ai pas encore trouvé comment faire.





7.9.05 11:04


LA PAIX



Avais-je dit que je m'occuperais de moi ?

C'est fait.

J'ai (re)commencé une thérapie.

Savez-vous ce que signifie le nom de ma thérapeute ?

La paix !

J'y vois un signe. Le temps de l'apaisement est enfin arrivé, j'en suis convaincue.



Je ne consultais pas pour évoquer mes problèmes de poids mais il en a été question.

Jétais sur la bonne voie, mes kilos sont bien un symptôme, un moyen de
"dire" quelque chose que je n'étais/suis pas en mesure d'énoncer avec
des mots, c'est une rébellion silencieuse.

Je ne devais rester qu'une demi-heure, elle m'a gardée une heure.

Pleurs, mots, beaucoup de mots, importants, salvateurs. Il m'a semblé
que je me "dégonflais" comme si j'avais fait un petit trou dans cette
peau distendue pour que la pression retombe.

J'y allais pour parler d'une chose qui a très vite dérivé  sur mon enfance.

Les mots comme un onguent sur ses maux.

2.9.05 07:45


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